Verushka Alvizuri

Corps

PR

Discipline(s) enseignée(s)

Licences et préparation aux concours

  • Histoire de l’Amérique hispanique (L1-L3).
  • Préparation à l’agrégation et au CAPES.

Enseignements de spécialité

  • Catégorisation ethnique en Amérique latine (XIXᵉ-XXᵉ siècles).
  • Histoire des savoirs anthropologiques : expéditions et collections ethnographiques.

Encadrement de la recherche

  • 31 mémoires de master soutenus, 5 en cours ; 2 thèses de doctorat en cours.
  • Thématiques : altérité autochtone et construction des identités individuelles et collectives.

Thèmes de recherche

Mon travail analyse les processus de réification de l’altérité à travers l’étude des dispositifs qui produisent et légitiment l’indianité, qu’il s’agisse des savoirs anthropologiques, des pratiques muséales ou des cultures politiques. En déplaçant le regard des groupes catégorisés vers les acteurs, les institutions et les pratiques de catégorisation, j’interroge les conditions historiques et politiques de production des savoirs sur les populations autochtones, ainsi que les mécanismes par lesquels des catégories historiquement construites acquièrent une apparence de stabilité et d’évidence.

Ma trajectoire scientifique se caractérise par un double déplacement. Le premier concerne les échelles d’analyse : de l’histoire politique nationale bolivienne, mes recherches se sont orientées vers la micro-histoire biographique, notamment dans le cadre de mon habilitation, avant de s’ouvrir à une perspective transatlantique. Le second concerne les objets étudiés : initialement centrées sur l’histoire politique, mes recherches se sont progressivement tournées vers l’histoire des sciences et des pratiques de production du savoir.

Aujourd’hui, ces deux déplacements convergent dans une histoire croisée des collections ethnographiques entre l’Europe et les Amériques. L’étude des trajectoires individuelles, des pratiques savantes et de la circulation des objets me permet d’analyser la manière dont se construisent, se transmettent et se transforment les catégories de l’altérité au-delà des frontières nationales et des aires culturelles.

Cette approche articule ainsi plusieurs échelles d’analyse, des trajectoires individuelles aux circulations transatlantiques. Elle envisage les savoirs scientifiques non comme de simples descriptions des différences culturelles, mais comme des pratiques susceptibles de contribuer à leur définition et à leur stabilisation. Elle examine enfin la circulation des objets ethnographiques comme un processus historique au cours duquel les représentations des populations autochtones sont produites, reconfigurées et légitimées dans différents contextes institutionnels et politiques.