Festival Histoire à Venir

Publié le 4 mai 2026 Mis à jour le 4 mai 2026
du 14 mai 2026 au 17 mai 2026

14 > 17 mai 2026 | 9e édition du Festival L'Histoire à Venir | Toulouse et Occitanie

« Avoir le feu sacré », « faire feu de tout bois », « mettre sa main au feu », « jouer avec le feu »... Le feu imprègne notre langage car il est une force centrale des sociétés humaines, élément de combustion sous toutes ses formes, réelles et symboliques, véritable moteur de l’Évolution et de l’histoire de l’humanité : se chauffer, cuire sa nourriture, s’éclairer, produire de l’énergie, fabriquer des outils. Pour consulter le programme complet, cliquez ICI.

Retrouvez ci-dessous une sélection des événements en rapport avec les Amériques : 
 

▶ En partenariat avec l'IPEAT - Rencontre : « ¡ Fuego ! Révoltes et luttes au Mexique, de Zapata au zapatisme » - 15 mai


18h30, Théâtre Garonne, Grande Salle. Animé par Guillaume Boccara (anthropologie), avec Jérôme Baschet (histoire) et Marion Gautreau (histoire de la photographie).

Résumé : Comment le feu de la révolte s’exprime-t-il ? Par les armes d’abord, par les images et les paroles ensuite. Cette rencontre propose une plongée dans les conflits qui animent le Mexique depuis la Révolution de 1910 jusqu’au mouvement zapatiste entamé en 1994 au Chiapas. Comment se dessinent les contours visuels d’un conflit armé au début du xxe siècle ? Comment une guérilla classique s’est-elle transformée en autre chose, qui a affirmé qu’elle préférait la parole au feu et la construction à la guerre – sans renoncer entièrement aux armes ? En partenariat avec le master Civilisation, cultures et sociétés parcours ESCAm de l’IPEAT (UT2J)

JEUDI 14 MAI :
▶ Table ronde : « Ce qui se trame sous la terre. Géothermie et volcanisme

14h30, Pizzeria Belfort. Animée par Guillaume Gaudin (histoire), avec Loïs Monnier (géologie), Audrey Taillefer (géologie) et Nélida Manrique Llerena (volcanologie). Avec la participation de Julie Métais pour la traduction.
Résumé : Le magma, roche en fusion, se fraye parfois un chemin jusqu’à la surface et s’épanche grâce aux volcans : les humains perçoivent alors directement des traces de ce feu central. Mais quand les fluides circulent en profondeur, seules les sources d’eau témoignent de ce qui trame sous la terre. Les reliefs des Pyrénées et du Pérou permettent d’éclairer le fonctionnement de ces sources thermales et volcans en activité, ainsi que la manière dont les populations locales appréhendent ces phénomènes. Il faut se méfier des apparences : les volcans ne sont peut-être pas aussi éteints qu’ils en ont l’air.

▶ Table ronde : « Engager l’histoire dans la mêlée climatique et écologique ? »

17h, Théâtre Garonne, Grande Salle. Animée par Steve Hagimont (histoire), avec Jérôme Baschet (histoire), Anaël Marrec (histoire) et Laure Teulières (histoire).
Résumé : La rapidité des bouleversements écologiques et climatiques vient percuter une évolution politique, sociale et économique ralentie. Ce déphasage vient de l’action d’intérêts constitués mais aussi de nos dépendances énergétiques et matérielles. Pendant que les démocraties vacillent, la contamination du monde s’approfondit, menaçant la liberté créatrice des générations futures. On demande souvent aux historien·nes de prévoir l’avenir. Déplaçons la question : qu’offre l’histoire pour ne plus seulement subir l’irrémédiable, mais bifurquer vers le désirable ? Qu’est-ce que ce futur vertigineux change à la manière de faire de l’histoire ?

▶ Rencontre : « Le Moment Orwellien. La science face aux nouveaux obscurantismes »

18h, Librairie Ombres blanches. Animée par Éric Darras (science politique), avec Olivier Berné (astrophysique) et Emmanuelle Perez Tisserant (histoire) et Tamara Ben Ari (agronomie) autour de leur livre (Seuil, 2026).
Résumé : Les savoirs et la recherche, déjà affaiblis par la logique de marché, sont aujourd’hui discrédités par une succession de procès idéologiques. Cette dégradation ouvre la voie à un autoritarisme assumé, fondé sur la manipulation du langage, la réécriture du passé et l’effacement de la vérité. La science, en tant que langage universel de description du réel, n’a plus lieu d’être. En mobilisant les concepts développés par Georges Orwell dans 1984, cet ouvrage analyse la mécanique contemporaine de brouillage du réel qui fait de la science une cible politique aux États-Unis mais aussi en France. En partenariat avec Sciences Po Toulouse

▶ Table ronde : « Mythologies et pratiques autour du feu. Regards croisés »

19h, Théâtre Garonne, Atelier 1. Animée par Adeline GrandClément (histoire), avec Vinciane Pirenne-Delforge (histoire), Benjamin Balloy (anthropologie) et Laurent Legrain (anthropologie)
Résumé : À l’ardeur du feu s’attachent des croyances et des pratiques religieuses, qui varient selon les contextes culturels. En naviguant entre Grèce ancienne, basse vallée du Mississipi et Mongolie, on explorera la place que cet élément occupe au sein de différents dispositifs visant à instaurer un dialogue avec des entités invisibles. Comment le feu est-il manipulé ? Par qui ? Que révèlent les précautions entourant l’ordonnancement du foyer sur la façon dont les humains habitent les lieux et y négocient leur présence avec les puissances non humaines ? En partenariat avec PLH, Université Toulouse Jean-Jaurès

▶ Soirée : « Ce que laisse le feu »

21h, Théâtre Garonne, Atelier 1. Animée par Emmanuelle Perez Tisserant (histoire), avec notamment Cécile Michel (histoire et archéologie), Benjamin Balloy (anthropologie)…
Résumé : Les incendies ont privé historiens et historiennes d’archives précieuses, parfois uniques… voire d’archives dont on ne savait même pas, ou à peine, qu’elles existaient. Certains documents si inflammables, qu’ils sont un danger pour eux-mêmes. Mais curieusement, le feu ne fait pas que détruire : parfois, c’est lui qui produit, voire conserve, la documentation…

 

VENDREDI 15 MAI :

▶ Rencontre : « Laissez le feu brûler ». Philadelphie, 1985 »

13h, Librairie Ombres blanches. Animée par Emmanuelle Perez Tisserant (histoire), avec Olivier Esteves (science politique) autour de son livre (Seuil, 2026).
Résumé : Philadelphie, 1985. Une bombe est larguée depuis un hélicoptère policier sur une maison abritant des militants de MOVE, un mouvement écologiste radical composé d’Afro-Américains. Dans la maison, 13 personnes sont réunies, dont le leader du mouvement John Africa. Bilan de l’opération policière : 11 morts dont 5 enfants. L’incendie qui démarre, incontrôlé à dessein par la police, détruit une partie du quartier noir de Cobbs Creek, laissant 250 personnes à la rue. Récit d’une tragédie oubliée mêlant racisme et lutte environnementale, gentrification et enjeu de mémoire dans les États-Unis de Ronald Reagan.

▶ Rencontre : « Cuisine le paysage »

14h, Cave Poésie. Animé par Anaïs Kien (RTS), avec Eléa Lechevalier (sociologie et sapeur-pompière), Aimawale Opoya (chef coutumier en Guyane), Christophe Rulhes (anthropologie) et Benjamin Balloy (anthropologie).
Résumé : Les sociétés humaines n’ont pas seulement éprouvé le feu dans sa dimension destructrice. Brûler est aussi un mode d’entretien de l’environnement à des fins de chasse, d’agriculture, d’élevage et de prévention des incendies. Voyage dans ces pratiques, des peuples autochtones américains aux brûlages dirigés contemporains dans les Pyrénées.

▶ Table ronde : « Formes et traces des fascismes dans les sociétés contemporaines »

20h30, Théâtre Garonne, Atelier 1. Animée par Valérie Hannin (L’Histoire), avec Coralie Razous (histoire), Philippe Foro (histoire) et François Godicheau (histoire).
Résumé : Si les régimes européens qui ont vu l’émergence du fascisme dans la première moitié du xxe siècle ont disparu, ils ont néanmoins laissé des empreintes institutionnelles, culturelles et symboliques qui continuent d’influencer les sociétés contemporaines. Cette rencontre se propose d’interroger les héritages persistants, voire les résurgences du fascisme aujourd’hui, en abordant tout particulièrement les cas de l’Italie, de l’Espagne et de plusieurs pays d’Amérique du Sud. En partenariat avec Framespa, CNRS/Université Toulouse Jean-Jaurès

 

SAMEDI 16 MAI :

▶ Projection du film : « Orwell : 2+2=5 »

15h30 ; Cinéma American Cosmograph. Projection du film de Raoul Peck, suivi qu’un échange Emmanuelle Perez Tisserant (histoire).
Résumé : Le film plonge dans les derniers mois de la vie d’Orwell et dans son œuvre visionnaire pour explorer les racines des concepts troublants qu’il a révélés au monde dans son chef-d’œuvre dystopique : le double discours, le crime par la pensée, la novlangue, le spectre omniprésent de Big Brother... Des vérités sociopolitiques qui résonnent encore plus puissamment aujourd’hui.