Habiter les Amériques, 1re Journée d’étude de l’IPEAT

Publié le 18 juillet 2022 Mis à jour le 18 juillet 2022
le 16 septembre 2022

9h30 – 16h

UT2J, Maison de la Recherche, salle D30

Le savant Alexandre de Humboldt définissait au début du XIXe siècle l’objet de sa recherche comme l’étude de « l’habitabilité progressive de la surface du globe ». En menant une vaste enquête sur le continent américain, il souhaitait étudier « la façon dont les humains avaient peu à peu transformé leurs environnements pour les plier à leurs usages et former des écosystèmes au sein desquels ils étaient devenus des forces décisives. »

Le peuplement et l’anthropisation du continent américain sont anciens (les archéologues repoussent sans cesse plus loin la date du peuplement de l’Amérique). Au XVIe siècle, les populations ont subi un bouleversement considérable avec la disparition de près de 90% des habitants. La conquête et la colonisation européenne, la traite négrière, et les différentes vagues d’émigration européenne ainsi qu’asiatique ont produit des façons d’habiter les Amériques qui révèlent encore les traces de diverses formes d’exploitation, de luttes et de déchirements.

Le rapport au territoire et à ses « ressources » naturelles, disponibles à l’exploitation humaine, a considérablement évolué au cours des derniers siècles, mais les bouleversements environnementaux continuent à mettre à rude épreuve les manières d’habiter les Amériques depuis la Nouvelle-Orléans jusque dans la forêt amazonienne.

Toutefois, la technologie et des infrastructures de grande envergure permettent aux populations de se maintenir là où le territoire est peu propice à la vie humaine. Ailleurs, des stratégies de « réensauvagement » visent à laisser la nature reprendre ses droits dans des écosystèmes dégradés, y compris en ville.

Les mouvements migratoires ont également transformé les manières d’habiter et de cohabiter dans les Amériques. A l’intérieur des pays, l’urbanisation suit son cours, générant des flux de populations rurales vers des bidonvilles et des favelas dans et autour des villes dont l’offre de logement est insuffisante. Dans le Nord, la concentration des « classes créatives » dans quelques métropoles attractives rend ces villes inaccessibles aux moins privilégiés, et aggrave la polarisation politique. La mobilité intra-américaine complexifie encore ce tableau : si beaucoup d’individus habitent loin de leurs origines, l’expérience du transnationalisme n’est pas égale pour des réfugiés contraints de fuir leur pays, des exilés en recherche de meilleures opportunités professionnelles, ou des expatriés volontaires.

Cette journée d’étude invite à penser le rapport que les diverses populations des Amériques entretiennent avec leur domicile, leur habitat, leur environnement, leur territoire, et les autres points d’ancrage de leur vie. La question de l’habitat et de l’habiter renvoie en effet à des processus de durées et d’échelles variables. Elle a cette vertu de placer les acteurs sociaux (humains et non-humains) au cœur de la réflexion et d’inviter les différentes disciplines des sciences humaines et sociales à dialoguer entre elles.

La langue de travail de la journée d’étude sera le français.

Programme de la Journée d'étude
 

Coord. : Guillaume Gaudin et Hilary Sanders

Contacts : ggaudin@univ-tlse2.fr et hilary.sanders@univ-tlse2.fr