Institut Pluridisciplinaire pour les Études
sur les Amériques à Toulouse (IPEAT)

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ORDA n°218 : Eau et Vulnérabilité dans les Amériques

Coordonné par Alexandra Angéliaume-Descamps, Anne Peltier et Arturo Vallejos-Romero

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Revues.org

Initiée lors du 7e CEISAL, dans le cadre du symposium « Hacer frente a los riesgos naturales y ambientales en los espacios rurales y urbanos latinoamericanos : características y factores de mutación de las vulnerabilidades sociales », la réflexion sur les vulnérabilités liées à l’eau dans les Amériques s’est matérialisée dans le cadre de l’appel à contribution de ce n° 4 de la Revue ORDA dans sa nouvelle version. Ce sont les principaux résultats de cette réflexion que nous proposons d’exposer ici.

Cette réflexion est motivée par le constat de la persistance, voire de l’augmentation des catastrophes liées à l’eau (pollutions, sécheresses, inondations) dans un monde de plus en plus apte techniquement à agir sur les aléas. Nombreuses et diverses sont les situations qui mettent en effet en lumière la forte vulnérabilité des sociétés face à ce type de risque. Si l’anthropisation des aléas (inondation par ruissellement urbain, contamination anthropique des eaux, assèchement de zones humides, etc.) est incontestable et constitue un facteur aggravant, la part de la vulnérabilité sociale dans l’occurrence des catastrophes est aujourd’hui reconnue comme un facteur déterminant. Face à une ressource en eau de plus en plus sollicitée et qui se dégrade qualitativement et quantitativement, face aussi à des interrogations sur les évolutions des conditions climatiques, économiques et sociales, se pose la question de la vulnérabilité et de la résilience des sociétés face à une ressource qui se trouve au cœur des questions de santé, de sécurité, de développement ou encore de qualité de vie.

Les vulnérabilités liées à l’eau peuvent être considérées comme une propriété intrinsèque d’un groupe social, indépendante des aléas, touchant particulièrement les groupes sociaux socialement ou économiquement marginalisés. Elles peuvent également être analysées en référence à un type spécifique d’aléa ; les enjeux matériels, structurels ou encore fonctionnels associés sont alors relatifs au contexte et aux facteurs de mise en vulnérabilité. Au cours des dernières décennies, les situations et les enjeux, et de fait les vulnérabilités, ont considérablement évolué. Les espaces ruraux sont soumis à des transformations socio-spatiales rapides et intenses avec par exemple le développement de systèmes agricoles intensifs irrigués sur les hautes terres tropicales. La croissance urbaine rapide, parfois difficilement contrôlée, et génératrice de fortes disparités socio-spatiales, engendre une vulnérabilité urbaine d’autant plus grande qu’elle est souvent sous-estimée. Dans ce contexte, les marges ou espaces d’interface (urbain-rural, par exemple) apparaissent comme des zones d’enjeux croisés et multiples dans lesquels se nouent les conflits et où se joue, autour de l’aménagement du territoire, la vulnérabilité de demain.

 


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