Institut Pluridisciplinaire pour les Études
sur les Amériques à Toulouse (IPEAT)

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Marie Zoé Wurtz, M1 et M2R (ESCAm), promo 2010-2011 et 2011-2012

En thèse depuis la rentrée 2015

marie zoe ancien etudiant

marie zoe ancien etudiant

Mes choix d’orientation restaient assez confus…

Après un baccalauréat scientifique, j’ai choisi de développer des compétences analytiques et rédactionnelles d’un autre genre, à travers deux années de classes préparatoires aux Grandes Écoles: j’y ai étudié l’histoire, la géographie, la philosophie, la littérature et les langues. Par la suite, j’ai terminé 2 licences : l’une en Lettres Modernes, au Mirail, et l’autre en Langues, Littérature et Civilisation étrangère, spécialité Espagnol en année Erasmus à Oviedo (Espagne). Cette année-là m’a permis de conserver la pluridisciplinarité dans ma formation, puisque, outre la littérature, j’ai pu étudier l’histoire coloniale de l’Amérique hispanophone, la géopolitique espagnole et la linguistique. En somme, j’ai toujours apprécié la diversité des approches et des domaines de connaissances ; et je nourrissais déjà depuis longtemps un intérêt certain pour la découverte culturelle des sociétés hispanophones. À l’heure d’entrer en Master, j’ai donc été tout de suite attirée par l’IPEAT. À cette époque, mes choix d’orientation restaient assez confus : je savais seulement que je ne voulais pas passer le CAPES et que la littérature, qui m’avait beaucoup appris, ne serait néanmoins pas au centre de mon futur métier. Pour entrer en Master je me proposais d’étudier la représentation des femmes dans les chroniques mexicaines, en attendant de voir.


D’autres avaient des objectifs bien définis

J’ai très vite constaté que si d’autres étudiants de l’IPEAT n’y voyaient pas clair non plus en ce qui concernait leur projet professionnel, nous avions aussi des camarades qui avaient des objectifs bien définis. Le contact, même indirect, avec ces personnes-là a été bénéfique pour moi, puisqu’il m’a poussé à examiner des perspectives concrètes de professionnalisation dans lesquelles je pouvais me projeter. En outre, ayant tous des parcours différents, nous avions tout intérêt à rendre les cours interactifs. Ainsi, même les enseignements les plus magistraux étaient ponctués de débats et de commentaires polyphoniques, particulièrement enrichissants pour qui daignait s’y intéresser. Le Master en a tiré un dynamisme, non négligeable, qui a alimenté mon enthousiasme au cours du temps.


Ma rencontre avec des spécialistes de tous horizons

En parallèle, la rencontre avec des spécialistes de tous horizons a constitué à mes yeux un atout majeur de la formation. En effet, cela représentait une occasion hors paire d’entr’apercevoir la diversité et la complémentarité des problématiques qui intéressent les chercheurs en sciences sociales à notre époque. J’ai ainsi été en mesure de faire dialoguer les disciplines entre elles, et, de cerner des champs d’interrogations associées aux sociétés actuelles. Bien évidemment, la liste des thématiques abordées était loin d’être exhaustive, mais elle a été suffisante pour me permettre de choisir mon orientation avec une certitude que je n’avais jamais atteint jusqu’alors. Même si le sujet d’étude avec lequel j’étais entrée à l’IPEAT continuerait de me passionner, j’ai compris que, d’un point de vue professionnel, je voulais m’investir dans la géopolitique socio-environnementale. J’ai malgré tout rédigé mon premier mémoire dans la discipline à laquelle j’étais la plus familiarisée : la littérature civilisationniste.


Un premier pas à la fois dans le monde de la recherche et dans celui de la gestion de projet

Cette expérience constituait à mon avis un premier pas à la fois dans le monde de la recherche et dans celui de la gestion de projet. Je ne la prenais donc pas à la légère. En outre, les cours du Master 1 avaient nourri ma réflexion sur la représentation des femmes chez les chroniqueurs, d’une part, et sur l’épistémologie scientifique qu’on pouvait lui associer, d’autre part. J’étais donc impatiente de passer à l’écrit les cheminements de pensées que suscitaient chez moi les problématiques découvertes en classe. En parallèle, j’ai amorcé mon changement de spécialité en consacrant un temps parfois déraisonnable aux dossiers, de format plus habituel, demandés pour les autres unités d’enseignements. Ils étaient pour moi l’occasion d’aborder en douceur un lexique différent, et de résoudre progressivement quelques difficultés méthodologiques. J’ai par exemple été amenée à changer la nature de mes sources bibliographiques. Je n’avais jamais été confrontée à la nécessité de faire une veille informatique auparavant, car il faut bien l’avouer, l’actualité scientifique littéraire change nettement moins vite que celle de la gestion territoriale ; surtout lorsqu’il s’agit d’étudier les textes de chroniqueurs du XVIème siècle... Au cours de l’année et avec le soutien des documentalistes du CEDOCAL (qui travaillent en étroite collaboration avec l’IPEAT), j’ai donc été amenée à me familiariser avec le suivi régulier de certaines revues en ligne de géographie sociale. Forte des compétences ainsi acquises, j’ai franchi le cap de la ré-orientation pour entrer en Master 2.


Ils m’ont donné l’envie de poursuivre en thèse avec eux

Dans cette démarche de changement de spécialité, j’ai été significativement aidée par l’émulation scientifique qui, année après année, régit l’existence de l’IPEAT. À peine avais-je formulé le projet d’étudier la gestion de l’eau, que j’ai été mise en contact avec Madame Alexandra Angéliaume-Descamps et Monsieur Jean Paul Métailié du laboratoire GEODE. De plus, la chaire Mexique proposée par l’IPEAT m’a permis de rencontrer le docteur Javier Ramirez Juarez, du Colegio de Postgraduados de Puebla. Il faut savoir que je ne pensais pas tout d’abord m’intéresser au Mexique : j’avais plutôt envisagé de travailler dans les Andes. Mais la rencontre avec ces trois chercheurs, qui s’intéressaient aux mêmes thématiques que moi sur des terrains mexicains, m’a rapidement décidé à repenser mon territoire d’étude. En effet, au cours de mon Master 1, mon investigation s’était avérée très marginale par rapport aux problématiques de mon directeur de recherche… Je ne souhaitais pas réitérer l’opération, qui n’avait pas été des plus simples, d’autant plus que j’allais quitter le continent européen pour la première fois. Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas d’avoir adapté le projet initial. Mon second stage s’est déroulé dans des conditions idéales : mes trois encadrants, chacun à leur niveau, m’ont non seulement aidée dans les démarches prosaïques (bourses, logement, communication, etc.), mais ils m’ont aussi épaulée, parfois même sans que j’ai eu besoin de le demander, dans ma réflexion scientifique. Depuis, ils ont continué de m’entourer et de m’intégrer avec enthousiasme dans leurs projets. Ainsi, un article pour la revue l’ORDA et une communication au Congrès du CEISAL plus tard, ils m’ont donné l’envie de poursuivre en thèse avec eux.


Jai bénéficié du réseau de chercheurs mobilisé par lIPEAT

Pour décrocher une inscription en doctorat, il ne fait aucun doute que la formation pluridisciplinaire à laquelle j’ai accédé m’a aidée à élaborer des thématiques d’investigation pertinentes. Mais bien sûr, cela n’était pas tout. Après avoir mûri mon projet dans mon coin, il m’a fallu le reprendre en fonction des offres de thèse auxquelles j’ai répondu. Dans cette démarche aussi, j’ai bénéficié du réseau de chercheurs mobilisé par l’IPEAT, puisque, à travers la chaire Mexique (encore elle !), Alexandra Angéliaume-Descamps et moi-même, nous sommes entrées en contact avec Madame Maria Teresa Alarcon Herrera. Cette dame, très accessible, étudie des problématiques en rapport direct avec nos sujets de recherche, au Centro de Investigaciones en Materiales Avanzados de Chihuahua. Je fais actuellement les démarches nécessaires pour qu’elle soit ma codirectrice de thèse, avec Monsieur Martin Pagealow du laboratoire GEODE. Sans l’appui et les conseils, de toutes ces personnes (et d’autres encore que je ne cite pas ici), je ne serai sûrement pas dans d’aussi bonnes conditions que je le suis pour commencer ma thèse cet été. Grâce à elles : je vais travailler exactement sur le sujet qui me plaît, j’ai d’ores et déjà l’assurance d’accéder à une bourse de thèse et à la prise en charge de mes frais de mission, et j’ai même la chance d’ajouter aux terrains mexicains, une étude de cas aux alentours de Mérida, au Venezuela (donc dans la partie septentrionale des Andes qui étaient, rappelons-le, le territoire d’étude que j’avais initialement envisagé).


À l’heure où la recherche est bien souvent opposée à la professionnalisation, je sais que l’une et l’autre formation sont complémentaires

En somme, après avoir adapté mon orientation, non seulement à mes envies mais aussi à la conjoncture scientifique locale, j’ai découvert au sein de l’IPEAT des personnes qui ont su se rendre disponibles et motivantes. Cela a indéniablement participé à développer mon enthousiasme pour la recherche. Ainsi, pour la thèse, je suis d’autant plus sereine que je me sais entourée par des gens de confiance, avec qui j’ai déjà appris à travailler. Tout en profitant de ces années pour traiter un sujet qui me passionne (les perceptions sociales des vulnérabilités liées à l’eau), je serai donc en bonne position pour négocier la formation avec mes encadrants, et ce afin d’en tirer le meilleur avantage personnellement. À ce stade, je voudrais préciser que je ne pense pourtant pas devenir chercheuse, ni même enseignante : je ne crois pas en effet que cela coïncide avec le rythme de vie que je souhaite pour mon avenir (dans l’idéal, j’associerai 2 mi-temps: un travail en bureau d’étude et de la sylviculture). Or, la réorientation que l’IPEAT m’a donné la chance d’opérer, m’a permis de me prouver à moi-même qu’avec de la volonté, un peu de souplesse et des contacts, je pourrais pallier d’hypothétiques manques de connaissances, quels qu’ils soient, et mener à bien les projets que je me serai fixés. Ainsi, je ne doute pas que je saurais réinvestir mes savoir-faire universitaires dans le domaine que j’envisagerai en sortant de mon doctorat. À l’heure où la recherche est bien souvent opposée à la professionnalisation, je sais que l’une et l’autre formation sont complémentaires, et qu’elles ne demandent qu’à être réinvesties selon les envies de ceux qui les suivent.

 

 



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